Demain, les divans

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Il n'y a pas de sagesse

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Il n'y a pas de sagesse

Il n’y a de sagesse en dehors de celle du dé à coudre
Et du doigt qui pousse l’aiguille effilée
Ce par quoi je suis trouvé, narguant Dieu

Le bruit du sol sur lequel tombe le désespoir
Se souffle comprimé de l’air pressé
Entre le corps déchu et l’âme décevante

Aller suppose de s’arracher aux muscles carnassiers
Vers c’est-à-dire ceux, elles, eux, les hommes
Les autres à la foi balbutiante et gênée

Je suis un homme rentré dedans unanime
Une sorte de bois flotté bloqué à la pile du pont
J’espère les courants, les crues et les tempêtes

Je suis un homme au corps qui tombe
Navré de tant de grandeurs possibles
Oxydé dans son âme pente, pleutre et dénudée

Il n’est de sage que la mort et juste avant
Les quelques notes légères qui précèdent
Son élévation dans le rien prodigieux

Je cherchais le verbe qui barre le travers
Le bois du temps frotté d’ail
Celui-là qui jadis pris feu sur la montagne

Il serait question de ce qui devrait être retranché
Du prêtre pour qu’il en fasse un père
À moins que des deux il nous fasse la main

Le livre est moite d’être si dense
Il sue à travers sa peau des humeurs tristes
C’est que lourd il est de son mal relié

Je devrais déclamer dans les enceintes
Exprimer de mon corps ce qui le fait si lourd
Monter comme la flèche depuis l’arc

Descendre à la cave peut devenir une ascension
C’est la voie du sage que la chute
Comme de la plume une chute d’Ange

L’incroyable prétention de l’insu à être
Imposant à l’être de se confondre
Brutalement percé aux deux fronts

Descension de l’Ange vers le dedans de Dieu
Ou il n’y a plus de misère
Mais ce dedans toujours s’ouvre impalpable

Dedans qui fuit de ce que l’on voudrait une maison
Pour vivre en inconscience de la mort
Tous les jours et toutes les nuits dans l’incarnation

Abstinence impossible de la matière
Dedans comme s’il y fallait toujours le dé
En couverture du doigt privé de peau